1995 a Cauterets. Virenque remporte encore une victoire
« Roussel m'a dit : dès que tu sens que ça revient derrière, tu attends, raconte Virenque. Mais j'allais bien, jamais à bloc. Quand Dufaux a disparu du groupe de poursuivants, Roussel est venu me dire : maintenant il faut que tu t'accroches. » Le Français ne creuse pas l'écart, il le gère. Après Aspin, comme l'an passé il franchit seul le Tourmalet, ce monstre éblouissant et vert dont la face est veinée de petits torrents. Virenque est debout sur son vélo, en cadence, les jambes légèrement arquées, les mollets noueux. Il se livre sans le savoir à un terrible mano a mano avec Chiappucci. L'Italien peste contre ses suivants qui ne le relaient pas. Certains ne le peuvent pas. Dufaux cède le premier, puis Aparicio et Hamburger. Buenahora et Escartin, pour leur part, en ont-ils les moyens ? Au sommet, Virenque possède 46'' d'avance et avance sur le fil du rasoir.
« Bruno (Roussel, son directeur sportif - NDLR) devait le savoir, poursuit Virenque, mais il n'a pas voulu me faire peur. Il voyait que je prenais des risques dans les descentes et craignait sans doute que cela me déstabilise. » En effet, Richard Virenque se jette comme un damné dans la pente. La course continue. Il l'a fait basculer à 121 kilomètres de l'arrivée. Cela débute comme une anecdote. Dérisoire presque. Le Français va chercher des points pour consolider son maillot à pois de meilleur grimpeur. Il passe en tête en haut du col de Peyresourde. Suivi de près par sept coureurs : Aparicio, Mauri, Escartin, Buenahora, Hamburger, Dufaux et Chiappucci. Son avance oscille entre 40 secondes et la minute, constamment sous la menace, toujours à la relance.
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Richard Virenque n'est pas encore au courant. Les drapeaux basques qui attendent Miguel Indurain le saluent dans les derniers kilomètres. Un talus humain qui s'écarte au dernier moment et protège le coureur, plein de bruit, de fureur et de chaleur. Il offre dans un premier temps cette victoire au public qui le porte jusqu'au sommet. Puis on le dirige à l'arrière du car-podium. Il apprend la mort de Fabio Casartelli, dédie enfin son succès à la famille du champion olympique disparu, parle du « destin ». Celui si cruel qui a brisé le coureur italien à la sortie d'un virage. L'autre, à travers le tumulte du moment, qui enveloppe Richard Virenque dans les vapeurs d'une gloire éphémère. « C'est la vie », dit-il gêné.
je suis pas sure mais, ça doit etre un passage d'un de ses livres...